De l’obsolescence de la loi

Une des principales limites pointées du doigts contre cette loi est son obsolescence. En effet les moyens dont elle dispose sont tout à fait inappropriés à la chasse aux pirates sur le web. Elle ne peut inquiéter que ceux qui n’ont pas l’habitude d’internet et de ses mœurs, si tant est qu’ils sachent qu’elle existe. Pour ce qui est des gros téléchargeurs, elle les fait bien rire.

En effet, la loi Hadopi à l’heure qu’il est ne s’attaque qu’au partage par peer to peer, complétement obsolète et délaissé, utilisés en grande partie par des utilisateurs qui sont tombés sur un lien vers Emule après avoir cherché pendant des heures une version française de leur série préférée. De nos jours, le gros pirates, le vrai, celui là même qui empêche les maisons de disques de gagner leur 300eme million, n’utilise plus le p2p. et si il l’utilise, c’est sous des serveurs proxy ou VPN. Les principaux moyens de piratage sont le Torrent, le streaming, et le direct download. L’administration Hadopi n’a pour l’instant aucun moyen de lutter contre tout ça.  Elle est sensée se mettre à jour rapidement, mais étant donné que les méthodes de partage évoluent plus vite que les méthodes de répression, elle ne le sera jamais. Le proxy est de nos jour remplacé par le réseau VPN, bien plus sûr pour les IP des copieurs indélicats. L’administration Hadopi, arrive à passer outre ls serveurs proxy après moultes efforts, mais il n’en est pas de même pour les réseaux VPN: Même si les portes paroles de l’autorité déclarent être capable de les contrer, il faut tout de même rappeler que le cryptage VPN est utilisé pour les transactions bancaires et est réputé inviolable. Je ne pense pas qu’en le brisant (dans le cas ou cela soit possible) l’Hadopi aie rendu quelconque service à la société.

Les moyens de contournement de manquent pas: Étant donné que la société privée qui est chargée de surveiller les portails p2p le fait en récoltant les adresse IP des contrevenants, il « suffit » de rendre celle-ci invisible pour ne plus rien risquer. C’est rendu possible avec les serveurs proxy, puisque c’est l’adresse du serveur, situé à l’étranger, qui est récupérée. L’administration se retrouve donc avec l’adresse d’un serveur basé en Floride ou dans les iles Sandwich et ne peut rien en faire. Pour passer à travers cette protection il faut du temps, ce qui nuirait à la capacité de »rendement » de l’organisme. Les VPN quant à eux sont des réseaux privés, ou le chiffrement des données permet à son utilisateur de faire ce qu’il veut sans rien risquer. L’administration Hadopi arrive à contrer les VPN quand il s’agit de réseaux grands publics à petits prix. Mais avec la constante augmentation d’utilisateurs des sites proposant ces services, due à la soudaine popularité qui leur a été offerte par les mesures répressive de cette loi, ils seront bientôt en mesure d’offrir un service meilleur et plus fiable. La Hadopi verra alors ces chances de coincer les partageurs fortement diminuer. Le direct download est bien plus difficilement  pistable. Le streaming n’est pas pistable puisque la video est lue par un lecteur en ligne.  Avec la disparition de Megavideo ce moyen de partage à pris un coup mais a été promptement remplacé.

Le résultat de tout cela est que les utilisateurs novices apeurés à l’idée de se faire agrafer par l’autorité se retournent de plus en plus vers des moyens de cryptages sécurisés. Outre le fait que cette population pourra violer sans risque les droits d’auteurs et les marges des majors dans leur coin survient un problème plus grave: Il n’y a pas que des pirates et des blogueurs sur le net: on peut avoir la joie toute contenue d’y découvrir toute sorte de pédophiles, de néo-nazis, de terroristes, tout un assortiment de maffieux, etc…. Tout ces gens très fréquentables qui servent très souvent d’excuse aux censures et mises en blacklist voient une aubaine dans la démocratisation de méthode de cryptage, et derrière leurs VPN, ne risquent plus rien quant à une éventuelle répression de l’État. Grâce aux lois de répressions sur internet, les populations des pays concernés sont devenues incollables en méthodes de cryptages et peuvent surfer en toute invisibilité,  les bonnes comme les mauvaises. Au final toutes ces lois ayant but de formater sécuriser internet en le débarrassant de sa ribambelle de détraqué les aura incité à se rendre quasiment intouchable, ce qui est ironique, elle n’aura mis qu’eux en sécurité. Pour ce qui est de la sécurité je diras aussi que trouver du contenu néo-nazi ou pédophile sur internet n’arrive que très rarement par hasard…

Afin de lutter contre cette obsolescence la  Haute Autorité à une arme secrète: Le Deep Packet Inspection, ou DPI. Cela consiste à inspecter les requêtes d’un utilisateur pour vérifier si il ne télécharge pas de la musique, des films ou toute autre sorte de contenus souvent piraté. Avec le DPI on peut:

-Espionner toutes les données transitant chez un particulier sans risque de se faire prendre.

-Reconnaître parmi une base de données préparées un élément illégal transitant par le modem d’un utilisateur et le bloquer

-Censurer tout site qui ne plait pas en le mettant en Blacklist

-Faire de la publicité ultra ciblée en étudiant l’historique d’un internaute

Je n’irais pas jusqu’à dire que tout ce petit arsenal peut servir à porter atteinte à notre vie privé, notre liberté d’expression et quelques autres de nos droits fondamentaux, ce qui ne m’empêche pas de le penser. Je ne suis pas particulièrement heureux d’apprendre que n’importe quel agent dûment mandaté pourra fouiller sur mon historique pour une simple suspicion sans m’en prévenir. Surtout quand je sais que cette fouille se fera par l’intermédiaire d’une société privée et que toute mise sous blacklist sera sans appel et non vérifiable.

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