Comment Hadopi surveille les internautes

Penchons nous sur la question épineuse de la surveillance instituée par Hadopi. Comment s’y prend-elle ?

Commençons par expliquer le principe des adresses IP. Lorsque l’on se connecte a internet grâce à une machine, le plus souvent grâce a un ordinateur : une adresse IP (Internet Protocol) est attribué à ladite machine par les Fournisseur d’Accès à Internet (FAI : Free, Orange, SFR…). Celle-ci change à chaque connexion. Et à chaque connexion votre FAI vous fournis une nouvelle adresse IP. Voici la mienne : 90.52.104.13

Que se passe il maintenant lors d’un téléchargement illégal ? Hé bien, lorsqu’on télécharge un fichier grâce a un logiciel de P2P, il n’est jamais stocké sur un serveur. Il est stocké sur les machines des utilisateurs qui se le partage entre eux, de “pair à pair” (d’où le nom de Peer to Peer : P2P). Mais pour savoir quelles sont les machines qui possèdent le fichier voulu, le logiciel de téléchargement  doit se connecter à un serveur qui stocke les adresses IP de ces machines. Ce serveur doit ici être vu comme une annuaire, un index et les adresses IP qu’il contient comme des adresses postales temporaires où doit se rendre le logiciel pour télécharger le fichier désiré. Une fois la liste récupérée depuis le serveur, le logiciel de l’utilisateur se met à contacter les machines correspondantes aux IP et lance le téléchargement du fichier. Parallèlement à cela, il se rajoute lui même sur cette liste, sur le serveur, annonçant ainsi qu’il possède le fichier, pour que d’autres puissent télécharger à leur tour depuis votre machine, c’est la condition pour le système de partage fonctionne.

Ainsi, les PC de la Haute Autorité vont imiter un logiciel de téléchargement en demandant au serveur P2P la liste des adresses IP des machines qui possèdent (et s’échangent) le fichier frauduleux. Une fois qu’Hadopi a récupérée la liste des IP, elle va la transmettre au Fournisseur d’Accès qui a obligation de conserver les logs de connexion et qui va en retour lui indiquer a quelle personne physique correspond telle adresse IP.

Le problème, c’est que cette méthode de repérage n’est pas fiable. Par exemple, le site qui stocke l’annuaire pourrait glisser dans celle-ci une multitude de fausses adresses IP. C’est à dire des adresses tirées au hasard. Ainsi, le logiciel d’Hadopi qui va se connecter au serveur va récupérer de fausses adresses ou des adresses IP qui référencent des internautes qui ne téléchargent jamais !

Un système de détection sommes toutes assez aléatoire et bien injuste pour les responsables de ces erreurs techniques.

Publicités
%d blogueurs aiment cette page :